Articles en provenances de Yves

Dibiterie

Ce mot typiquement Sénégalais et exporté vers la langue française, contrairement à ce qui est généralement cru, désigne les petites gargotes (souvent tenues par des Houassas nigérians ou par des
Toucouleurs) où l’on sert exclusivement de la viande grillée au feu de bois (ce mot est réputé avoir été inventé par Senghor). Le diminutif « dibi » est également employé. Au fil du temps, les
dibiteries vendent désormais également de la viande à la découpe, sans cuisson. Suffit de chasser les mouches et vous aurez un excellent morceau de mouton ou de zébu!

Mon info perso :
La viande achetée en dibiterie est très bonne contrairement a ce que l’on pourrait croire, à cuire assez longtemps en ragout, un délice.
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La maison des esclaves de Gorée


Le Texte si dessous est célèbre. Tant et tant de fois répété par Joseph Ndiaye, ancien conservateur de la maison des esclaves, décédé en ce début 2009:

L’actuelle Maison des Esclaves date de 1776, construite par les Hollandais — C’est la dernière esclaverie en date à Gorée parce que les premières remontent à 1536, construites par les
Portugais, premiers Européens à fouler le sol de l’île en 1444 .

L’effectif variait entre 150 à 200 êtres humains (hommes — femmes — enfants) séparés de cellules — Ils étaient assis, le dos contre les murs et des carcans les maintenaient au cou et aux
bras — On ne les libérait qu’une fois par jour afin de leur permettre de satisfaire leurs besoins.

Généralement les esclaves vivaient dans un état d’hygiène si repoussant que la première épidémie de peste qui a ravagé l’île en 1779 est partie de ce sanctuaire.

Bien des fois dans cette Maison, il s’y trouvait toute la famille. Le père la mère et l’enfant étaient systématiquement séparés. Leur destination dépendait des acquéreurs, le père pouvait se
retrouver en Louisiane, la mère au Brésil ou à Cuba et l’enfant partait pour Haïti ou les Antilles.

Ils partaient de Gorée sous des numéros matricules et non sous leurs noms africains. Une fois arrivés dans les plantations, ils optaient pour le nom de leurs propres maîtres blancs.

Exemple : Noirs des USA : anglais

Noirs du Brésil : portugais

Noirs de Cuba : espagnol

Noirs d’Haïti : ou des Antilles françaises : noms ou prénoms français

La valeur d’un homme dépendait de son poids et de sa musculature; le poids minimum étant de 60 kg, ils étaient engraissés comme des oies pour atteindre le poids exigé, au moment de la vente.

La valeur d’un enfant dépendait de sa denture et la valeur d’une femme de ses seins — jeune fille n’étant pas considérée comme vierge une fois que ses seins s’affaissaient — (une ancienne
coutume africaine qu’à l’époque les négriers avaient empruntée pour mieux vendre leurs marchandises humaines).

Bien des fois, les jeunes filles esclaves avaient des rapports avec les négriers et quand l’on constatait leur état de grossesse, elles étaient mises en liberté dans l’île ou à Saint-Louis du
Sénégal.

Sous les escaliers en fer à cheval se trouvent des oubliettes réservées aux récalcitrants.

maison11

Il y a aussi la chambre de pesage car la valeur d’un homme dépendait de son poids et de sa musculature. Les hommes une fois pesés étaient acheminés entre les deux escaliers en fer à cheval dans
la cours on les palpait comme du bétail afin de permettre à l’acheteur et au marchand européens accoudés au balcon de juger sur la valeur musculaire de chacun.

Chaque race africaine avait sa cote et sa spécialisation, comme une espèce bovine ou chevaline ; la race la plus cotée était  » YORUBA « , types de l’ouest du Nigéria et de l’est du Bénin (Ex
Dahomey). Les  » YORUBA  » étaient considérés comme éléments géniteurs (reproduction) et on les appelait esclaves  » BOUCS  » ou  » ÉTALONS « .

Longeant le long couloir donnant sur la mer, nous avons la porte du  » Voyage sans retour  » d’où un petit quai en rônier (bois de palmier) servait pour les embarquements d’esclaves. Face à la mer,
deux galeries de surveillance où se tiennent les gardiens, esclaves affranchis l’arme à la main, car à chaque embarquement d’esclaves, certains esclaves tentaient de s’évader en plongeant. Ces
pauvres ne pouvant aller loin parce  qu’abattus par les gardiens ou dévorés par les requins — (malades ou agonisant étant jetés à la mer, cela attirait les requins).

De cette porte, pour un voyage sans retour, ils allaient, nos ancêtres martyrs, les yeux fixés sur l’infini de la souffrance.

Ces hommes, ces femmes et ces enfants traversèrent physiquement et moralement des mondes, abandonnant ce qu’ils étaient et devenant des être d’un peuple à venir. Ils formèrent qu’un seul peuple :
afro-américain.

L’esclavage aura duré trois siècles à Gorée : de 1536, premières esclaveries portugaises, à 1848 date de son abolition par la France. Trois siècles pendant lesquels 15 à 20 millions de Noirs
émanant de toute l’Afrique de l’Ouest ont quitté Gorée pour les Amériques dont 6 millions sont morts de privation ou de mauvais traitements.

MERCI  Toi Yves



Pour toutes ces infos et images (ci-dessus dans la réserve de Bandia)

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5 réflexions sur “Articles en provenances de Yves

  1. Kikou,  je rends vraiment plaisir a connaitre ton blog,  bien que la grippe  m’ai clouée au lit  fiévre  et toutim , dur dur de remonter , donc juste la lecture en
    ce moment  me fait joie ,  big bisous plus contagieux  

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